Passeport Nansen : liste des Arméniens de Marseille et de sa région ayant déposé une demande (1926-1946)

L’association pour la recherche et l’archivage de la mémoire arménienne vous propose de découvrir ci-dessous la liste des Arméniens de Marseille et de sa région qui ont déposé une demande de Passeport Nansen auprès de la Préfecture des Bouches-du-Rhône entre le 8 décembre 1926 et le 3 décembre 1946. Ces listes sont issues du registre référencé sous la côte 4 M 1138 : Police des étrangers. Registre des certificats NANSEN, librement consultable aux Archives départementales des Bouches-du-Rhône.

La recherche et la saisie complète sous tableur Excel ont été réalisées par Denis Der Sarkissian, ce qui a rendu possible l’intégration par l’association de 1.503 identités dans une base de données MySQL.

Le passeport Nansen est un document d’identité reconnu par de nombreux États permettant aux réfugiés apatrides de se déplacer librement. Il est créé en 1922 à l’initiative de Fridtjof Nansen (1861-1930), premier Haut-commissaire pour les réfugiés de la Société des Nations. Il fut à l’origine, dédié pour les réfugiés de l’ancien Empire russe fuyant la révolution d’Octobre devenus apatrides par décret soviétique à la fin de 1922. Son affectation sera étendue aux Arméniens le 31 Mai 1924 et en 1928 aux Assyro-Chaldéens. Même si le passeport reste l’objet de nombreux reproches (au début il ne donne pas le droit de retourner dans le pays de départ, ni n’accorde plus de protection dans le pays d’accueil), un accord en mai 1926 offre plus de flexibilités aux apatrides et son adoption s’étend naturellement de plus en plus largement aux Arméniens. Son statut définitif a été fixé par la Convention de Genève du 28 octobre 1933. Sa dénomination est officiellement supprimée après la deuxième guerre mondiale, tout en demeurant présente dans le langage administratif courant. Dès lors, le Titre de voyage remplace le passeport Nansen.

Entre le 9 décembre 1926 et le 3 décembre 1946, environ 1.500 Arméniens de Marseille et de sa région se sont présentés en Mairie de leur domicile ou à la Préfecture des Bouches-du-Rhône pour déposer un dossier individuel de demande de passeport Nansen.

Vous pouvez classer la liste (alphabétiquement par nom, prénom, résidence, adresse) en cliquant sur la tête de chaque colonne. Vous pouvez également utiliser la section de recherche par nom.

Une rapide analyse des données proposée par Denis Der Sarkissian nous permet de faire les observations suivantes :

  1. Le registre débute le 9 décembre 1926 et la personne demandeur du Nansen possède le numéro d’enregistrement 1076, ce qui laisse à penser que 1076 demandes ont été établies sur l’année complète en 1926 (Arméniens, mais aussi Russes probablement). Nous ne possédons donc peut-être ici qu’environ 60% des demandes !
  2. Entre 1926 et 1930 environ, la plupart des demandeurs du passeport Nansen signe leurs noms en caractères arméniens. Il est fréquent de voir des signatures très différentes du nom réel enregistré par l’officier de la préfecture. On peut par exemple lire : Hagop Malkhassian qui signe son nom « Malkhassi », ou bien Tavit Hovsepian « Hovian », ou encore Srpouhi Krikorian « Korian » Cela viendrait du fait que pour les Arméniens, il était coutume d’apposer une signature unique et non reproductible . Plus tard, à partir de 1931, les signatures en caractères arméniens laissent petit à petit la place aux signatures en français.
  3. Dans les années trente, les femmes Arméniennes rescapées du génocide sont pour certaines d’entre elles remariées à des Français, et il est donc assez fréquent de voir des noms, ou prénoms Français apparaitre dans le registre.
  4. De 1926 à 1930, les demandes sont principalement issues de personnes isolées, alors que dans les années 30, il s’agit parfois de couples, ou même de familles entières de trois ou quatre enfants. On note aussi par moment des noms arméniens américanisés, tel que Moomjian par exemple.
  5. L’année 1926 constitue très probablement l’année ou les demandes de passeports ont atteint leur maximum. En effet, on peut noter que 11% des passeports obtenus sur la période couverte par ce registre ont été honorés sur le seul mois de décembre 1926. On note ensuite une décroissance assez linéaire des demandes à l’exception des années 1930 et 1931 puis naturellement une très forte baisse pendant la seconde guerre mondiale.
  6. Les Arméniens de Marseille issues de ces listes sont majoritairement logés dans les rues suivantes: rue des dominicaines, rue des petites maries, rue du baignoir, rue bernard du bois. Une analyse plus fine donne la répartition suivante (pour les vingt rues/quartiers les plus fréquemment rapportées dans le registre).

Nombre de demandes par année :


Nombre de demandes par adresses (standardisées) :

Données :

Numéro de sérieNom de famillePrénomNom de jeune filleAdresse harmoniséeVille de résidenceDate de sortieActions
Numéro de sérieNom de famillePrénomNom de jeune filleAdresse harmoniséeVille de résidenceDate de sortieActions